Devant le café, quelqu’un me fait de grands signes. Je ralentis, sourire poli, cerveau en roue libre. Puis j’entends la voix : « Alors, tu viens ? » C’est ma meilleure amie. J’explose de rire — elle sort de chez le coiffeur, frange nouvelle, visage “réinitialisé”. On...
Quand la neurologie éclaire nos zones d’ombre — et aide à apprivoiser la prosopagnosie Comprendre le cerveau pour se comprendre soi Il y a des livres qui changent notre regard sur les autres. Et puis il y a ceux qui changent notre regard sur… notre propre regard. Le...
Dans mon cabinet, tout est ritualisé : j’appelle « Madame Martin », une voix répond « oui », je sors la main gel hydro, je souris. La voix suffit, le dossier s’ouvre, la consultation se déroule. C’est hors du cabinet que tout se dérègle. Un samedi, au marché,...
J’ai un métier où je parle à beaucoup de monde. Rendez-vous, couloirs, sourires, poignées de main — c’est mon quotidien. Mais chaque interaction me coûte une attention folle : reconnaître quelqu’un, c’est comme lancer un gros logiciel sur un vieux portable. Ça rame....
Dans ma rue, tout le monde me dit bonjour. Moi aussi. Le problème, c’est de savoir à qui je le dis. Avec mes voisin·e·s, il me faut plusieurs interactions — ou une rencontre marquante — pour que leur visage “reste”. Ce que je retiens d’abord, ce sont des morceaux :...
C’est une petite phrase de ma grand-mère qui m’a mis la puce à l’oreille. Un jour, elle m’a dit : « Si je me fais agresser dans la rue, je serai bien embêtée : je serais incapable de faire un portrait-robot pour… Lire la suite : Les autres mémorisent vraiment les visages ?
Chez moi, la difficulté à reconnaître les visages touche quelque chose de très intime. Elle touche mes relations affectives. Je l’ai compris très jeune. Adolescente, j’avais un petit copain qui habitait loin de chez moi. Nous ne pouvions donc pas nous voir… Lire la suite : Quand le visage de mon mari change, je ne me sens plus en sécurité
Pendant longtemps, j’ai pensé que mes difficultés à reconnaître les visages avaient commencé vers 14 ou 15 ans. C’est à cet âge que les problèmes sont devenus évidents. Je pouvais faire la bise à la mauvaise personne. Ignorer quelqu’un que je connaissais.… Lire la suite : Je croyais que ma prosopagnosie avait commencé à l’adolescence