Prosopagnosie : définition simple
La prosopagnosie est un trouble du cerveau. Il empêche de reconnaître les personnes grâce à leur visage.
La prosopagnosie touche 2 à 3 personnes sur 100.
Ce n’est pas un problème de vue.
On voit les yeux, le nez, la bouche et les expressions.
Mais le visage ne permet pas d’identifier la personne.
Comment font les personnes concernées ?
Pour reconnaître quelqu’un, elles utilisent :
la voix
la silhouette
la démarche
la coiffure
les lunettes, bijoux, vêtements
le contexte (lieu, travail, école, soirée)
Ces stratégies aident, mais elles ne marchent pas toujours.
C’est souvent plus difficile :
quand on connaît la personne depuis peu
quand la personne est dans un lieu inhabituel
quand elle change de tenue ou de coiffure
lors de soirées, événements, déguisements, uniformes
Est-ce une maladie ? Est-ce que ça se soigne ?
Souvent appelée la « maladie de l’oubli des visages », la prosopagnosie n’est pas une maladie.
Il n’existe pas de traitement pour “apprendre” à reconnaître les visages.
Comprendre le trouble aide à trouver des stratégies pour le quotidien.

Vous avez du mal à reconnaître les visages ?
Tu peux commencer par un test d’auto-évaluation.
La prosopagnosie est peu connue.
Souvent, les personnes concernées :
ne savent pas que ce trouble existe,
ou pensent que c’est juste “être mauvais avec les visages”.
Certaines personnes préfèrent aussi :
en parler seulement à leurs proches,
ou ne pas en parler du tout.
Parfois, on a besoin d’expliquer rapidement :
“Si je ne te reconnais pas, ce n’est pas toi. C’est mon cerveau.”
Pourquoi suis-je prosopagnosique ?

Une zone du cerveau pour les visages
Dans le cerveau, il existe une zone très spécialisée pour reconnaître les visages.
Elle s’appelle FFA (Fusiform Face Area).
On peut dire : la zone des visages.
Chez certaines personnes, cette zone marche très bien.
On les appelle super-recognizers (super reconnaisseurs) ou super-physionomistes
Ces personnes reconnaissent beaucoup de visages, même après une rencontre très courte.
Elles peuvent être utiles dans certains métiers, par exemple :
police, sécurité
douanes, renseignements
ressources humaines (RH)
psychologie sociale
Où est cette zone ?
La zone des visages (FFA) se trouve dans le cerveau :
dans le lobe temporal
dans une partie appelée gyrus fusiforme
C’est une zone importante pour :
reconnaître les gens grâce à leur visage
différencier les visages entre eux
Comment le cerveau reconnaît un visage ?
La FFA analyse les détails du visage, par exemple :
la distance entre les yeux
la forme du nez
la place de la bouche
les proportions du visage
la symétrie
Le cerveau construit une “carte” du visage.
Cela aide à reconnaître une personne :
même si on la voit de profil
même si elle est loin ou près
même si elle a vieilli
Et chez les personnes prosopagnosiques ?
Chez les personnes prosopagnosiques :
la FFA fonctionne moins bien
ou elle s’active moins quand on regarde un visage
Résultat : le visage n’est pas un repère fiable pour dire qui est la personne.
Depuis quand suis-je prosopagnosique ?
La prosopagnosie peut commencer de plusieurs façons.
Prosopagnosie développementale (ou congénitale)
présente depuis l’enfance
sans lésion visible du cerveau
parfois liée à des facteurs génétiques (dans la famille)
Souvent, la personne ne s’en rend compte que plus tard, car elle a appris à compenser.
Prosopagnosie acquise
Elle apparaît après un problème dans le cerveau, par exemple :
AVC
traumatisme crânien
maladie neurologique
La difficulté arrive souvent d’un coup, alors qu’avant tout allait bien.
Prosopagnosie progressive
Elle peut arriver avec une maladie neurodégénérative comme Alzheimer.
Les difficultés augmentent petit à petit.
Comment savoir si je suis prosopagnosique ?
Tu n’es peut-être pas “étourdi”.
Tu n’es peut-être pas “impoli”.
Tu peux aimer les gens… mais ton cerveau n’arrive pas à relier un visage à une identité.
Les tests en ligne peuvent aider à se repérer.
ils donnent des mots sur ce que tu vis
ils montrent que tes “astuces” sont des stratégies (voix, démarche, accessoires)
Mais ce n’est pas un diagnostic médical.
Test de détection (questions du quotidien)
Ce test pose des questions sur des situations de la vie.
À la fin, tu as un score :
en dessous de 32 : prosopagnosie peu probable
au-dessus de 37 : prosopagnosie probable
au-dessus de 45 : prosopagnosie très probable
entre 32 et 37 : zone grise (on ne peut pas conclure)
PI20 (auto-évaluation en 20 phrases)
Le PI20 est un questionnaire avec 20 affirmations.
Tu réponds selon ton ressenti.
Si votre score est supérieur à 65, la prosopagnosie développementale est possible ou probable.
Les tests en ligne donnent un indice.
Ils ne remplacent pas un diagnostic.
Si les résultats te questionnent, parle-en à ton médecin.
Il peut t’orienter vers un professionnel adapté.
Diagnostiquer la prosopagnosie
BFRT (Test de Benton)
Tu dois faire correspondre des visages sous différents angles, lumières ou expressions.
C’est un test payant et réservé à des professionnels.
IRM fonctionnelle (fMRI)
Dans certains cas, on peut faire une IRM fonctionnelle pour voir si la zone des visages s’active.
C’est rare, coûteux, et surtout utilisé :
après AVC
après traumatisme crânien
quand la perte est récente
Qui peut faire le diagnostic ?
Le diagnostic est fait par des professionnels de santé, par exemple :
neurologue (cherche une cause neurologique)
neuropsychologue (fait passer les tests et évalue les fonctions cognitives)
psychologue clinicien (évalue l’impact sur la vie et peut orienter)
parfois orthophoniste, si d’autres troubles sont associés
Témoignages : mettre des mots sur l’invisible
La science aide à comprendre.
Mais les témoignages aident à se reconnaître.
Ils montrent les stratégies de chacun.
Beaucoup de personnes découvrent la prosopagnosie en lisant les récits d’autres personnes.
C’est pour ça que vos témoignages sont précieux.
Parfois, deux personnes se ressemblent : même taille, même coiffure, même style.
Dans ce cas, je peux confondre.
Je peux dire le mauvais prénom.
Et je me sens mal, même si l’autre dit “c’est pas grave”.
Je retiens bien :
les histoires
les voix
les rires
la façon de marcher
Mais le visage “glisse”.
J’utilise des astuces :
écouter la voix
poser une question sur le contexte
repérer un objet (lunettes, sac, montre)
Ce n’est pas du désintérêt.
C’est une autre façon de reconnaître les gens.
Soigner la prosopagnosie ?
La prosopagnosie est un trouble neurologique, pas une maladie.
Il n’existe pas de médicament ou de thérapie reconnue qui permet d’apprendre à reconnaître les visages.
Ce qui aide, c’est :
comprendre ses stratégies de compensation
les rendre conscientes
les renforcer au quotidien
Impact sur la vie quotidienne
stress social
peur de ne pas reconnaître quelqu’un
évitement de certaines situations
sentiment d’isolement
Les autres peuvent croire que la personne est :
froide
inattentive
impolie
Mais ce n’est pas un manque d’intérêt.
C’est une conséquence directe du trouble.
Astuces pour reconnaître les gens
Être prosopagnosique ne veut pas dire ne jamais reconnaître les gens.
Cela veut dire que le visage n’est pas le repère principal.
Le cerveau peut s’adapter.
Il apprend à utiliser d’autres indices pour reconnaître une personne.
Voici des stratégies simples à mettre en place :
Utiliser d’autres indices que le visage
Par exemple :
voix
posture
démarche
vêtements
lunettes, tatouages, bijoux
contexte (lieu, rôle, moment)
En parler
Dites à votre famille, à vos amis et aux personnes avec qui vous travaillez :
« J’ai du mal à reconnaître les visages. »
Cela aide les autres à comprendre.
Cela évite des malentendus.
Se préparer avant un événement
Si possible :
connaître la liste des personnes présentes
demander à quelqu’un de t’aider au début
Échanger avec d’autres personnes
Groupes en ligne, association, témoignages :
ça aide à apprendre des stratégies et à se sentir moins seul.
Une autre manière de créer du lien
La prosopagnosie n’empêche pas de reconnaître les gens.
Elle oblige à utiliser d’autres repères.
Avec le temps, certaines personnes développent :
une bonne mémoire des échanges
une attention aux détails stables (voix, gestes, habitudes)
une relation plus centrée sur ce que la personne fait et dit, pas sur son apparence
Ce n’est pas un “super pouvoir”.
Mais c’est une autre manière de faire lien.