Après trois premières représentations en festival, Prosopagnosie mon amour, le seul-en-scène écrit et interprété par Yohann Cordelle, arrive pour la première fois au théâtre.
Il sera présenté au Théâtre de l’Écho à Paris, samedi 17 octobre à 20 h et dimanche 18 octobre à 16 h.
Mais avant d’être un spectacle, Prosopagnosie mon amour est né d’une question qui traverse aussi le travail de l’APLF : Comment reconnaît-on quelqu’un lorsqu’on ne reconnaît pas son visage ?
De témoigner à raconter
Depuis la création de l’Association Prosopagnosie de Langue Française, Yohann Cordelle, son président et lui-même prosopagnosique, a été amené à raconter de nombreuses fois son expérience.
Dans Le Parisien, Le Monde, sur RTL, France Culture ou encore à la télévision dans Ça commence aujourd’hui, il a tenté d’expliquer ce trouble encore largement méconnu.
Mais expliquer la prosopagnosie en quelques minutes dans une interview impose forcément des raccourcis.
On dit souvent qu’une personne prosopagnosique « ne reconnaît pas les gens ».
Ce n’est pas tout à fait vrai.
Ne pas reconnaître les visages ne signifie pas ne pas reconnaître les personnes.
Lorsque le visage ne constitue pas un indice suffisamment fiable, nous utilisons autre chose : la voix, la démarche, la silhouette, les vêtements, la coiffure, le lieu, le contexte, des habitudes, une façon de bouger ou même une manière particulière de nous regarder.
Nous reconnaissons autrement.
C’est cette idée qui est progressivement devenue le cœur du spectacle.
Une autre manière de parler de prosopagnosie
La scène permet quelque chose qu’une interview ou un article permettent difficilement : prendre le temps de faire vivre une situation.
Prosopagnosie mon amour est ainsi devenu un seul-en-scène mêlant récit autobiographique, humour, vulgarisation scientifique et systèmes D du quotidien.
Une histoire personnelle nourrie par des histoires collectives
Le spectacle part de l’expérience personnelle de Yohann Cordelle, mais son écriture a également évolué au fil des rencontres.
Depuis la création de l’APLF, des centaines de personnes concernées ont partagé leurs expériences, leurs difficultés, leurs stratégies et parfois leurs propres situations parfaitement improbables.
Ces échanges ont permis de prendre conscience d’une chose essentielle : il n’existe pas une seule manière d’être prosopagnosique.
Certaines personnes s’appuient énormément sur les voix. D’autres sur les silhouettes, les coiffures ou les vêtements. Certaines reconnaissent relativement bien leurs proches dans un contexte habituel et se retrouvent totalement perdues lorsqu’elles les croisent ailleurs.
Le spectacle ne prétend donc pas raconter « la » prosopagnosie.
Il raconte une expérience de la prosopagnosie, mise en perspective avec celles d’autres personnes concernées et avec les connaissances scientifiques sur la reconnaissance des visages.
Du festival au théâtre
Prosopagnosie mon amour a d’abord été joué à trois reprises dans des festivals.
Ces premières représentations ont permis au spectacle de se construire au contact du public, de tester son rythme et de faire évoluer certaines scènes.
Il franchit maintenant une nouvelle étape avec ses deux premières représentations au Théâtre de l’Écho à Paris.
Le spectacle est écrit et interprété par Yohann Cordelle et mis en scène par Sandrine Nicolas.
Les représentations
Samedi 17 octobre 2026 à 20 h
Dimanche 18 octobre 2026 à 16 h
Théâtre de l’Écho
31-33 rue des Orteaux
75020 Paris
Métro Alexandre Dumas, ligne 2, ou Maraîchers, ligne 9.
Plein tarif : 20 €
Tarif réduit : 13 € pour les moins de 25 ans, les membres de l’APLF et les personnes en recherche d’emploi.
Et après le spectacle ?
Le spectacle ne se termine pas tout à fait avec la dernière scène.
Chaque représentation se prolongera par une rencontre avec Yohann Cordelle au bar du théâtre.
Un moment pour discuter librement de la prosopagnosie, revenir sur ce qui vient d’être raconté, partager ses propres expériences ou simplement poser les questions que le spectacle aura fait naître.
Car derrière toutes les anecdotes, les neurosciences et les situations parfois franchement absurdes que provoque la prosopagnosie, Prosopagnosie mon amour parle finalement d’une chose extrêmement simple :
notre besoin de reconnaître les autres et d’être reconnu par eux.




















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