Permis de confondre

Je suis enseignante de la conduite. Tous les jours, je rencontre des dizaines d’élèves… souvent de la même tranche d’âge, jean-baskets-sac à dos. Autant dire : version “copier-coller”. Résultat, reconnaître le bon élève sur le parking, c’est mon slalom quotidien.

Ma technique préférée ? J’attends que mes collègues partent chacun avec leur élève. Quand la poussière retombe, il ne reste qu’une possibilité. Facile. Sauf que, bien sûr, ce n’est pas toujours possible. Dans ces cas-là : au petit bonheur la chance. Et c’est gênant quand je me trompe, surtout si j’ai déjà eu la personne la veille. (Sourire crispé, « on révise les priorités ? » avec un élève… qui n’est pas le mien.)

Période masques ? Ironiquement, c’était mon âge d’or : en cas d’erreur, l’excuse était servie. Sans masque, je m’accroche à des signes distinctifs — bague large, lunettes rondes, sac jaune. Problème : ces repères changent aussi vite que la météo. Lundi, lunettes ; mardi, lentilles ; et me voilà à dire bonjour à la mauvaise personne, devant ma Clio.

Paradoxalement, je reconnais mieux des gens croisés souvent dans le même décor : les voisin·e·s du quartier, le fleuriste du coin. Je pense qu’il y a des degrés dans la non-reconnaissance : plus c’est répété et contexte stable, mieux ça colle. Déplacez quelqu’un de son environnement habituel — un élève croisé au supermarché, un collègue sans son gilet — et mon cerveau fait un reset. Même personne, nouvelle scène, identité envolée.

Elle connaissait mon prénom. Moi, je ne savais même pas si on se faisait la bise

La semaine dernière, je suis allée manger dans un fast-food situé dans un quartier où je ne vais pratiquement jamais. Une femme à peu près de mon âge me regarde. Elle me dévisage. Puis elle sourit....

Pendant des semaines, j’ai cru que mes deux collègues étaient la même personne

J’ai découvert le mot « prosopagnosie » en regardant l’émission Ça commence aujourd’hui. C’est assez ironique parce que je me souviens très bien des témoignages… mais absolument pas des visages des...

Les autres mémorisent vraiment les visages ?

C’est une petite phrase de ma grand-mère qui m’a mis la puce à l’oreille. Un jour, elle m’a dit : « Si je me fais agresser dans la rue, je serai bien embêtée : je serais incapable de faire un...

Quand le visage de mon mari change, je ne me sens plus en sécurité

Chez moi, la difficulté à reconnaître les visages touche quelque chose de très intime. Elle touche mes relations affectives. Je l’ai compris très jeune. Adolescente, j’avais un petit copain qui...

Je croyais que ma prosopagnosie avait commencé à l’adolescence

Pendant longtemps, j’ai pensé que mes difficultés à reconnaître les visages avaient commencé vers 14 ou 15 ans. C’est à cet âge que les problèmes sont devenus évidents. Je pouvais faire la bise à la...

Je savais que je la connaissais. Mais il fallait maintenant écrire son prénom

Récemment, j’étais en dédicace dans une librairie. Les personnes venaient me voir, nous échangions quelques mots, puis je signais leur livre. Tout se passait bien. Jusqu’à ce qu’une femme arrive...

J’ai peur de ne pas reconnaître ma propre mère

Il y a des personnes que je ne vois pas souvent. Et avec le temps qui passe entre deux rencontres, une peur peut apparaître : Et si je ne la reconnaissais pas ? Cette peur existe même avec ma propre...

Elle était heureuse de me revoir. Je n’ai jamais su qui elle était

J’étais étudiante. Ce soir-là, dans un couloir de l’université, je regardais la feuille sur laquelle étaient affichés les résultats d’un examen. Je cherchais mon nom. Je l’ai trouvé. J’étais reçue....

Il y a des personnes que je vois depuis vingt ans et que je ne reconnais toujours pas

De mon côté, ma difficulté à reconnaître les visages me semble presque sélective. Ce n’est pas que tous les visages me soient étrangers. Certains, je les reconnais parfaitement. D’autres, jamais. Et...

J’attends que les autres me reconnaissent avant de leur dire bonjour

À l’université, nous étions une cinquantaine dans ma classe. Un groupe stable. Les mêmes étudiantes, semaine après semaine, mois après mois. Au bout d’un an et demi, je devrais normalement avoir su...