La reconnaissance des visages m’est globalement aléatoire. Certaines personnes sont faciles à identifier, mais c’est rare. La plupart me demandent de vrais efforts, et certaines sont extrêmement difficiles à reconnaître, même après plusieurs mois ou années de contacts réguliers.
Le plus compliqué, c’est quand la rencontre est inattendue. Identifier quelqu’un croisé hors de son contexte habituel ne m’arrive que rarement. Comme si mon cerveau avait besoin du décor pour valider l’identité, et que sans ce décor, tout devient incertain.
Et il y a une situation qui résume parfaitement mon quotidien : pour la majorité des gens que je rencontre, si la personne quitte la pièce puis revient, je ne suis plus sûr qu’il s’agisse de la même personne. Je vois bien un visage, mais je n’ai pas ce déclic automatique qui me dit “oui, c’est lui” ou “oui, c’est elle”. Je dois vérifier, deviner, reconstruire.