Je croyais que j’étais juste “pas très sociable”

J’ai longtemps pensé que tout ça était normal.

Pas “normal” dans le sens cool et fluide, plutôt normal comme on accepte un défaut de fabrication: tu fais avec, tu t’adaptes, tu ne poses pas trop de questions. Je me disais que j’étais juste quelqu’un de pas très physionomiste, pas très “gens”. Que je ne m’intéressais pas énormément aux autres, ou en tout cas pas assez pour retenir leurs visages. Une sorte de personnalité, un trait de caractère. Peut-être même un truc un peu snob sans le vouloir.

Alors je bricolais.

Je repérais les voix, les vêtements, les coiffures, les contextes. Je souriais au bon moment. Je lançais des “Salut, ça va?” assez larges pour fonctionner avec tout le monde. Je laissais l’autre remplir les blancs. Et quand je me trompais, je mettais ça sur le compte de la fatigue, de la distraction, du trop-plein. La vie moderne, cette excuse magique qui justifie tout, même le fait de ne pas reconnaître quelqu’un que tu as vu hier.

Et puis il y a eu ma compagne.

Elle a commencé à remarquer des choses que moi je normalisais depuis toujours. Les hésitations. Les micro-blancs. Les moments où je faisais semblant d’être sûr. Les scènes où je passais à côté de quelqu’un “de connu” comme si c’était un figurant dans un film. Elle m’a dit, calmement, sans jugement: “Tu sais que ça existe, un syndrome où les gens ont du mal à reconnaître les visages?”

Sur le coup, j’ai haussé les épaules. Un truc de plus dans le grand zoo des diagnostics. Et puis j’ai regardé. J’ai lu. J’ai comparé.

Et là, l’effet a été brutal: pas une vague ressemblance, non. Une collection entière de symptômes qui cochaient des cases. Le côté “hors contexte je suis perdu”. Le fait de reconnaître mieux une personne à sa démarche qu’à son visage. Les erreurs dans les groupes. La sensation de connaître quelqu’un sans pouvoir l’identifier. La stratégie permanente de compensation.

Le plus déstabilisant, ce n’était pas d’apprendre un mot nouveau. C’était de réaliser que ce que je prenais pour un manque d’intérêt, ou une personnalité un peu distante, pouvait être autre chose: une manière différente de traiter l’information. Et soudain, plein de situations passées changeaient de sens. Ce n’était pas “je m’en fous des gens”. C’était “je fais un effort invisible pour ne pas me perdre”.

Depuis, je ne me juge plus pareil. Et surtout, je comprends mieux pourquoi certaines interactions me coûtent autant d’énergie. Ça ne règle pas tout, mais ça met de la lumière. Et parfois, mettre de la lumière sur un truc que tu traînes depuis des années, c’est déjà énorme.

“Tu sais comment je m’appelle?”: le piège au bureau

Mes questions ont vraiment commencé le jour où j’ai travaillé à un guichet, à la vente. Il m’arrivait que des clients reviennent dans la même journée… et que je ne me souvienne pas d’eux. Sur le...

Il me faut trois rencontres pour commencer à te reconnaître

Je dois rencontrer une personne au moins trois fois avant de commencer à la “reconnaître”. Et encore, ce n’est pas automatique : c’est plutôt une construction progressive, comme si mon cerveau avait...

Je ne l’ai reconnue que le lundi matin… et j’en ai eu honte

Sur mon lieu de travail, je côtoie chaque jour les mêmes personnes. Je devrais être à l’aise, reconnaître sans réfléchir, saluer naturellement. Et pourtant, la veille d’un week-end, pendant une...

S’ils sortent puis reviennent, je doute que ce soit la même personne

La reconnaissance des visages m’est globalement aléatoire. Certaines personnes sont faciles à identifier, mais c’est rare. La plupart me demandent de vrais efforts, et certaines sont extrêmement...

En photo je reconnais, en vrai je doute

Je ne me rappelle presque jamais des visages et je dois me concentrer pour être certain de reconnaître la personne (à part ma famille proche). C’est comme si la reconnaissance ne venait pas “toute...

TDAH diagnostiqué… mais l’attention n’explique pas tout

Je m’inquiète souvent de confondre les personnes ou de ne pas du tout les reconnaître, et j’ai l’intuition que ce n’est pas uniquement lié à mon déficit d’attention. Je suis TDAH sévère,...

Je révise les trombinoscopes pour survivre socialement

Ma difficulté à reconnaître les visages m’a toujours posé de nombreux soucis. Quand j’étais plus jeune, j’étudiais le trombinoscope de mon école avant chaque interaction sociale. Et je continue à le...

Ils me reconnaissent, mais moi je ne les “imprime” pas

Parfois, on me reconnaît alors que moi, j’ai l’impression de voir la personne pour la première fois. C’est un décalage étrange, presque violent sur le moment : l’autre arrive avec un sourire, une...

À l’épicerie, j’ai compris que je confondais les visages

Je m’en suis vraiment rendu compte quand j’ai travaillé dans une épicerie. Là, il n’y a pas d’échappatoire : les clients défilent, reviennent, te saluent, te parlent comme si tout était évident… et...

Je reconnais un sac à main avant un visage

Au quotidien, il m’est déjà arrivé de vivre des incidents gênants simplement parce que je ne reconnaissais pas quelqu’un. J’ai l’impression que c’est surtout vrai avec les personnes que je ne...