J’ai compris en psycho que j’étais prosopagnosique

Pour moi, le déclic est arrivé pendant mes études de psychologie. En cours, en lisant, en recoupant les descriptions… j’ai fini par me rendre compte que ce que je vivais depuis longtemps avait un nom: la prosopagnosie. Jusque-là, je m’étais adaptée comme on s’adapte à une bizarrerie personnelle: je compensais, j’évitais certaines situations, je me demandais parfois si c’était moi qui étais “trop distraite”, “pas assez attentive”, ou juste “mauvaise avec les gens”.

Et surtout, avant de tomber sur votre travail, je n’avais même pas envisagé une chose toute simple: qu’on puisse demander une forme de reconnaissance. Demander que ce soit pris en compte. Demander que ce soit compris. Comme si ça n’avait pas le droit d’exister dans le monde réel, seulement dans les livres.

Voir ce travail, voir que quelqu’un met des mots, des ressources, et de la place pour ça, ça m’a fait quelque chose de très concret: ça m’a retiré un poids. Ça m’a donné le sentiment que ce n’était pas juste “mon problème”, mais une réalité partagée, légitime.

Je peux dire trois fois bonjour au même client sans le reconnaître

Je suis caissière. Dans mon travail, je vois passer beaucoup de visages chaque jour. Des clients réguliers, des clients de passage, des collègues, des personnes que je croise plusieurs fois dans la...

Je ne reconnais pas un visage, je reconnais une collection de détails

J’ai le sentiment que les visages familiers ne s’enregistrent pas chez moi comme un tout. Ce n’est pas une image complète, claire, que je pourrais retrouver facilement dans ma mémoire. C’est plutôt...

J’ai découvert à 78 ans que mes difficultés avaient un nom

La plus grande partie de ma vie, je n’ai pas su que j’avais un handicap pour reconnaître les visages. Je savais que je reconnaissais difficilement certaines personnes. Je savais que les visages...

Je fais parler les gens pour comprendre qui ils sont

Je reconnais les membres de ma famille proche : mes parents, mon frère et ma sœur. Peu importe le lieu ou le contexte, je sais qui ils sont. Enfin, il faut dire qu’ils vivent à trois heures de...

À Amsterdam, je reconnaissais sa voix, mais pas son visage

e suis partie à Amsterdam avec un groupe de mon lycée. Je ne connaissais presque personne, ce qui n’était pas franchement rassurant, mais une fille est venue me parler. Elle non plus ne connaissait...

Pendant une heure, j’ai travaillé avec mon ancien collègue sans le reconnaître

Ma sœur jumelle rencontre exactement les mêmes difficultés que moi. Pendant longtemps, elle a été la seule personne avec laquelle je pouvais vraiment parler de ce que nous vivions. La seule à...

“Tu sais comment je m’appelle?”: le piège au bureau

Mes questions ont vraiment commencé le jour où j’ai travaillé à un guichet, à la vente. Il m’arrivait que des clients reviennent dans la même journée… et que je ne me souvienne pas d’eux. Sur le...

Il me faut trois rencontres pour commencer à te reconnaître

Je dois rencontrer une personne au moins trois fois avant de commencer à la “reconnaître”. Et encore, ce n’est pas automatique : c’est plutôt une construction progressive, comme si mon cerveau avait...

Je ne l’ai reconnue que le lundi matin… et j’en ai eu honte

Sur mon lieu de travail, je côtoie chaque jour les mêmes personnes. Je devrais être à l’aise, reconnaître sans réfléchir, saluer naturellement. Et pourtant, la veille d’un week-end, pendant une...

S’ils sortent puis reviennent, je doute que ce soit la même personne

La reconnaissance des visages m’est globalement aléatoire. Certaines personnes sont faciles à identifier, mais c’est rare. La plupart me demandent de vrais efforts, et certaines sont extrêmement...