Ce n’est pas que je suis inattentif. Ce n’est pas un manque d’amour. C’est que je ne reconnais pas les visages — même ceux que j’aime le plus.
La prosopagnosie ne fait pas de distinction affective. Le visage de mon enfant, de mon conjoint, de mon parent, n’est pas plus “reconnaissable” que celui d’un inconnu croisé dans la rue.
Ce que je reconnais, ce sont des indices secondaires :
- ses vêtements,
- son cartable,
- sa démarche,
- sa manière de se tenir,
- le contexte dans lequel je l’attends.
Changez un seul de ces éléments — et mon cerveau perd le lien.
C’est comme si vous cherchiez quelqu’un dans une foule, mais que vous n’aviez plus aucune idée de ce que cette personne a l’air. Seulement ce qu’elle porte, ou où elle est censée être.