Ancien professeur en lycée, la prosopagnosie a été ma plus grande difficulté pédagogique. Pas la préparation des cours. Pas la correction des copies. Pas la gestion du programme. Non. Le vrai mur, c’était la classe elle-même. Parce que la discipline, ça se joue...
La prosopagnosie… chez moi, ce n’est pas un “petit truc bizarre”. C’est une souffrance quotidienne. Au début, je n’avais aucun mot pour expliquer. Je vivais ça comme un trouble, un déficit intellectuel, une incapacité honteuse: “Pourquoi je n’arrive pas à retenir les...
Dans ma famille, la prosopagnosie n’est pas arrivée comme une grande révélation. Elle a d’abord été… une blague. Mon père avait du mal à reconnaître les gens. Il associait souvent les personnes deux par deux, comme des jumeaux. Et ma mère, elle, disait que ces...
J’ai 79 ans. Et depuis aussi loin que remontent mes souvenirs, je me bagarre avec la même chose: retenir les visages, retenir les noms. J’ai essayé. J’ai travaillé. Je me suis forcée. Et malgré tous mes efforts, ça ne venait pas. Alors j’ai culpabilisé. Longtemps....
Quand j’étais enfant, j’avais l’impression qu’il y avait dix mille élèves dans ma classe. Pas au sens “c’était bruyant”, mais au sens où les visages ne se fixaient pas. Tout se mélangeait. Tout se ressemblait. Et je me sentais un peu perdue dans cette foule, même...
C’est une petite phrase de ma grand-mère qui m’a mis la puce à l’oreille. Un jour, elle m’a dit : « Si je me fais agresser dans la rue, je serai bien embêtée : je serais incapable de faire un portrait-robot pour… Lire la suite : Les autres mémorisent vraiment les visages ?
Chez moi, la difficulté à reconnaître les visages touche quelque chose de très intime. Elle touche mes relations affectives. Je l’ai compris très jeune. Adolescente, j’avais un petit copain qui habitait loin de chez moi. Nous ne pouvions donc pas nous voir… Lire la suite : Quand le visage de mon mari change, je ne me sens plus en sécurité
Pendant longtemps, j’ai pensé que mes difficultés à reconnaître les visages avaient commencé vers 14 ou 15 ans. C’est à cet âge que les problèmes sont devenus évidents. Je pouvais faire la bise à la mauvaise personne. Ignorer quelqu’un que je connaissais.… Lire la suite : Je croyais que ma prosopagnosie avait commencé à l’adolescence