Je m’en suis vraiment rendu compte quand j’ai travaillé dans une épicerie. Là, il n’y a pas d’échappatoire : les clients défilent, reviennent, te saluent, te parlent comme si tout était évident… et toi, tu dois suivre. C’est à ce moment-là que j’ai compris que j’avais du mal à reconnaître les gens, et que je pouvais même confondre des visages.
J’ai fait pas mal de “boulettes” : prendre un client régulier pour quelqu’un d’autre, entamer une conversation comme si on se connaissait, ou au contraire rester trop neutre avec une personne qui, elle, me reconnaît. Ce sont de petites erreurs, mais elles laissent une impression désagréable : tu passes pour distraite, froide, ou “pas pro”, alors qu’en réalité tu es juste en difficulté sur la reconnaissance des visages.
Et le plus dur, c’est que tu t’en rends compte souvent après coup. Sur le moment, tu improvises, tu souris, tu cherches un indice… puis, une fois la personne partie, tu comprends que tu t’es trompée. À la longue, cette vigilance permanente fatigue.