Cheveux bleus, piercing au nez : ma boussole sociale

Je suis prosopagnosique. je me fais des ami·e·s parmi les gens impossibles à rater. Cheveux bleus, roses, arc-en-ciel, sourcil percé, tatouages qui racontent des poèmes, quatre anneaux à l’oreille et un septum qui cligne de l’œil… Merci pour ces balises visuelles : mon cerveau les adore.

Dans une foule, je ne reconnais pas les visages, mais je repère très bien « la coupe bleue en carré + liner incroyable » ou « le bomber argent + bottes plateformes ». Résultat : je navigue au feeling fluo. C’est de la cartographie affective avec paillettes intégrées.

C’est pour ça que je me sens si bien dans la communauté queer : les styles sont créatifs, assumés, uniques. On choisit ses marqueurs, on les porte comme des bannières, et moi, j’y vois des phares. Et puis on y croise plein d’autres neuroatypiques ; on peut parler directement des stratégies qui aident, rigoler des quiproquos, poser des codes, sans se justifier pendant trois heures.

Moralité : si je te reconnais vite, ce n’est pas (seulement) parce que tu es inoubliable — c’est aussi parce que ta singularité m’offre un raccourci. Et si un jour tu changes tout : nouvelle coupe, nouveaux bijoux… préviens-moi : j’apporte les confettis, et on met à jour ma carte.

Je peux dire trois fois bonjour au même client sans le reconnaître

Je suis caissière. Dans mon travail, je vois passer beaucoup de visages chaque jour. Des clients réguliers, des clients de passage, des collègues, des personnes que je croise plusieurs fois dans la...

Je ne reconnais pas un visage, je reconnais une collection de détails

J’ai le sentiment que les visages familiers ne s’enregistrent pas chez moi comme un tout. Ce n’est pas une image complète, claire, que je pourrais retrouver facilement dans ma mémoire. C’est plutôt...

J’ai découvert à 78 ans que mes difficultés avaient un nom

La plus grande partie de ma vie, je n’ai pas su que j’avais un handicap pour reconnaître les visages. Je savais que je reconnaissais difficilement certaines personnes. Je savais que les visages...

Je fais parler les gens pour comprendre qui ils sont

Je reconnais les membres de ma famille proche : mes parents, mon frère et ma sœur. Peu importe le lieu ou le contexte, je sais qui ils sont. Enfin, il faut dire qu’ils vivent à trois heures de...

À Amsterdam, je reconnaissais sa voix, mais pas son visage

e suis partie à Amsterdam avec un groupe de mon lycée. Je ne connaissais presque personne, ce qui n’était pas franchement rassurant, mais une fille est venue me parler. Elle non plus ne connaissait...

Pendant une heure, j’ai travaillé avec mon ancien collègue sans le reconnaître

Ma sœur jumelle rencontre exactement les mêmes difficultés que moi. Pendant longtemps, elle a été la seule personne avec laquelle je pouvais vraiment parler de ce que nous vivions. La seule à...

“Tu sais comment je m’appelle?”: le piège au bureau

Mes questions ont vraiment commencé le jour où j’ai travaillé à un guichet, à la vente. Il m’arrivait que des clients reviennent dans la même journée… et que je ne me souvienne pas d’eux. Sur le...

Il me faut trois rencontres pour commencer à te reconnaître

Je dois rencontrer une personne au moins trois fois avant de commencer à la “reconnaître”. Et encore, ce n’est pas automatique : c’est plutôt une construction progressive, comme si mon cerveau avait...

Je ne l’ai reconnue que le lundi matin… et j’en ai eu honte

Sur mon lieu de travail, je côtoie chaque jour les mêmes personnes. Je devrais être à l’aise, reconnaître sans réfléchir, saluer naturellement. Et pourtant, la veille d’un week-end, pendant une...

S’ils sortent puis reviennent, je doute que ce soit la même personne

La reconnaissance des visages m’est globalement aléatoire. Certaines personnes sont faciles à identifier, mais c’est rare. La plupart me demandent de vrais efforts, et certaines sont extrêmement...