Je catégorise les gens par groupes dans ma tête : les filles blondes, les grands gars, ceux avec des lunettes carrées, ou ceux qui portent toujours du noir.

Quand je commence un nouveau travail, ou que j’arrive dans un nouvel environnement, tout le monde se mélange dans un flou uniforme. Les visages ne m’aident pas. Ils ne s’ancrent pas dans ma mémoire. Il me faut autre chose pour m’accrocher.

Alors mon cerveau trie. Il fabrique des catégories visuelles approximatives. Il essaie de classer pour donner une chance à ma mémoire de se repérer.

Les personnes aux traits génériques se fondent. Mais une coiffure extravagante, une barbe rousse, une voix rauque ou un piercing bien placé deviennent comme des ancres. Des repères.

C’est souvent avec ces personnes-là que je crée du lien en premier.

Pas parce qu’elles sont plus gentilles, mais parce que je suis sûr·e de les reconnaître. Parce que je n’ai pas peur de les confondre avec quelqu’un d’autre à la machine à café.

C’est étrange à dire, mais parfois, ma vie sociale dépend d’un chignon haut perché, d’une paire de lunettes rouges ou d’un manteau vert fluo.

Je ne vais pas vers ceux qui m’attirent le plus. Je vais vers ceux que je suis capable de retrouver.

Je peux dire trois fois bonjour au même client sans le reconnaître

Je suis caissière. Dans mon travail, je vois passer beaucoup de visages chaque jour. Des clients réguliers, des clients de passage, des collègues, des personnes que je croise plusieurs fois dans la...

Je ne reconnais pas un visage, je reconnais une collection de détails

J’ai le sentiment que les visages familiers ne s’enregistrent pas chez moi comme un tout. Ce n’est pas une image complète, claire, que je pourrais retrouver facilement dans ma mémoire. C’est plutôt...

J’ai découvert à 78 ans que mes difficultés avaient un nom

La plus grande partie de ma vie, je n’ai pas su que j’avais un handicap pour reconnaître les visages. Je savais que je reconnaissais difficilement certaines personnes. Je savais que les visages...

Je fais parler les gens pour comprendre qui ils sont

Je reconnais les membres de ma famille proche : mes parents, mon frère et ma sœur. Peu importe le lieu ou le contexte, je sais qui ils sont. Enfin, il faut dire qu’ils vivent à trois heures de...

À Amsterdam, je reconnaissais sa voix, mais pas son visage

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Pendant une heure, j’ai travaillé avec mon ancien collègue sans le reconnaître

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“Tu sais comment je m’appelle?”: le piège au bureau

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Il me faut trois rencontres pour commencer à te reconnaître

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Je ne l’ai reconnue que le lundi matin… et j’en ai eu honte

Sur mon lieu de travail, je côtoie chaque jour les mêmes personnes. Je devrais être à l’aise, reconnaître sans réfléchir, saluer naturellement. Et pourtant, la veille d’un week-end, pendant une...

S’ils sortent puis reviennent, je doute que ce soit la même personne

La reconnaissance des visages m’est globalement aléatoire. Certaines personnes sont faciles à identifier, mais c’est rare. La plupart me demandent de vrais efforts, et certaines sont extrêmement...