Je suis enseignante de la conduite. Tous les jours, je rencontre des dizaines d’élèves… souvent de la même tranche d’âge, jean-baskets-sac à dos. Autant dire : version “copier-coller”. Résultat, reconnaître le bon élève sur le parking, c’est mon slalom quotidien. Ma...
Si je ferme les yeux pour imaginer quelqu’un, ce n’est jamais un gros plan. Je vois un corps entier : la posture, la façon de poser les épaules, la démarche, la veste préférée, parfois même la manière de tenir une tasse. Le visage, lui, refuse de venir. Comme si mon...
Je bosse dans une boîte d’environ 200 personnes. Couloirs, open space, machine à café… Mon vrai calvaire n’est pas les deadlines : c’est savoir qui j’ai déjà salué. Du coup, il m’arrive de dire « bonjour » aux mêmes collègues trois fois dans la journée. L’excuse «...
Enfant, j’ai souvent tiré la manche de la mauvaise maman.Dans la foule, les silhouettes se ressemblaient, les couleurs se mélangeaient,et je cherchais un repère — une écharpe, une démarche, un parfum familier. Adulte, je me surprends à être attiré·e par les êtres...
Dans le cadre de la 36e édition des Semaines d’information sur la santé mentale (SISM), placée cette année sous le thème : « Pour notre santé mentale, réparons le lien social », https://www.semaines-sante-mentale.fr/ 👉 une webconférence sur la prosopagnosie aura lieu...
C’est souvent la voix qui me permet d’associer un nom à une personne, surtout quand je la rencontre hors de son cadre habituel. Le visage seul ne suffit pas. La voix, elle, déclenche quelque chose. Alors je m’y accroche. Et pour limiter… Lire la suite : Je reconnais à la voix… et je dis bonjour à tout le monde
Pendant longtemps, j’ai vécu avec la conviction que cette difficulté venait de moi. Je l’interprétais comme un défaut d’attention, un manque de concentration, une sorte de “paresse du regard”. Je m’en faisais le reproche, comme on se reproche une maladresse: si je… Lire la suite : Le jour où Oliver Sacks a mis un nom sur mon trouble
Pour moi, le déclic est arrivé pendant mes études de psychologie. En cours, en lisant, en recoupant les descriptions… j’ai fini par me rendre compte que ce que je vivais depuis longtemps avait un nom: la prosopagnosie. Jusque-là, je m’étais adaptée comme… Lire la suite : J’ai compris en psycho que j’étais prosopagnosique
Ancien professeur en lycée, la prosopagnosie a été ma plus grande difficulté pédagogique. Pas la préparation des cours. Pas la correction des copies. Pas la gestion du programme. Non. Le vrai mur, c’était la classe elle-même. Parce que la discipline, ça se… Lire la suite : Prof au lycée : impossible de nommer les élèves
La prosopagnosie… chez moi, ce n’est pas un “petit truc bizarre”. C’est une souffrance quotidienne. Au début, je n’avais aucun mot pour expliquer. Je vivais ça comme un trouble, un déficit intellectuel, une incapacité honteuse: “Pourquoi je n’arrive pas à retenir les… Lire la suite : On me croit lunatique, mais je ne reconnais pas les visages