Jeudi 27 août 2026 à 13 h 55 sur France 2, plusieurs membres de l’Association Prosopagnosie de Langue Française seront dans l’émission Ça commence aujourd’hui pour parler de prosopagnosie. Teaser sur Insta
Nous allons parler de ce que signifie réellement vivre sans pouvoir identifier automatiquement les personnes par leur visage.
Plusieurs prosopagnosiques, plusieurs histoires
Lorsque France 2 nous a proposé de participer à l’émission, une chose nous semblait importante : ne pas raconter la prosopagnosie à travers une seule personne.
Parce qu’il n’existe pas une expérience unique de la prosopagnosie.
Certains reconnaissent assez facilement leurs proches dans leur contexte habituel, mais peuvent passer devant eux dans la rue sans réagir.
D’autres s’appuient énormément sur la voix, la démarche, la coiffure ou la silhouette.
Et puis certains construisent des systèmes beaucoup plus personnels.
C’est le cas de Jees★, qui associe des couleurs aux personnes en fonction de ce qu’elles dégagent, de leurs attitudes ou de leurs émotions.
Chacun développe ses trucs, ses raccourcis, ses repères pour retrouver l’autre.
Et souvent, nous les utilisons depuis tellement longtemps que nous n’avons même pas conscience qu’il s’agit de stratégies de compensation.
Jusqu’au jour où elles ne fonctionnent plus.
Quelqu’un change de coiffure.
On le rencontre dans un endroit inattendu.
Il porte des vêtements différents.
On est fatigué ou stressé.
Et toute cette petite mécanique parfaitement bricolée depuis des années s’effondre.
C’est pour montrer cette diversité que nous sommes venus à plusieurs membres de l’APLF raconter nos expériences.
Raconter à la télévision quelque chose qui ne se voit pas
Il y avait quelque chose d’assez amusant à venir parler à la télévision d’un trouble qui, précisément, ne se voit pas.
La prosopagnosie n’est pas écrite sur notre front.
Nous avons donc raconté ces situations minuscules qui, mises bout à bout, finissent par raconter notre quotidien : ne pas reconnaître quelqu’un hors contexte, attendre qu’une personne parle pour savoir qui elle est, chercher désespérément un indice, se tromper de personne ou passer devant quelqu’un que l’on connaît très bien.
Ces moments peuvent être drôles après coup.
Sur le moment, beaucoup moins.
Parce qu’ils peuvent provoquer des malentendus et nous faire passer pour quelqu’un de froid, d’indifférent, de distrait ou même d’arrogant, simplement parce que nous n’avons pas reconnu la personne qui vient de nous sourire.
Nous ne reconnaissons pas moins les autres. Nous les reconnaissons autrement.
C’est probablement le message auquel nous tenons le plus à l’APLF.
La prosopagnosie est souvent résumée par cette phrase :
« Je ne reconnais pas les gens. »
Mais cette phrase est trompeuse.
Nous reconnaissons les gens.
Simplement, nous ne disposons pas de cette reconnaissance immédiate du visage que la plupart des personnes effectuent en une fraction de seconde.
Alors nous construisons d’autres chemins vers l’autre.
La voix.
Une démarche.
Une posture.
Une coiffure.
Une silhouette.
Une façon de s’habiller.
Des bijoux.
Une gestuelle.
Un contexte.
Une couleur, parfois.
Nous devenons extraordinairement attentifs à certains détails parce que nous en avons besoin pour savoir qui se trouve devant nous.
Ces stratégies peuvent être épuisantes. Elles peuvent échouer et provoquer de véritables difficultés sociales.
Mais elles racontent aussi quelque chose que nous voulons défendre : la richesse des mécanismes que chacun invente pour compenser.
Reconnaître autrement, c’est aussi percevoir autrement.
Pourquoi passer à la télévision ?
Parce que la prosopagnosie reste encore très mal connue.
Beaucoup de personnes découvrent son existence à l’âge adulte et réalisent soudain que toutes ces situations vécues depuis l’enfance n’étaient peut-être pas simplement dues à de « l’inattention ».
Chaque témoignage public peut permettre à quelqu’un de mettre enfin un mot sur son expérience.
Mais nous voulons aussi éviter qu’une seule personne devienne « le prosopagnosique de service ».
L’APLF rassemble aujourd’hui plus de 300 personnes, avec des parcours, des stratégies et des difficultés différentes.
Notre objectif est donc de faire entendre de plus en plus de voix.
C’est précisément pour cela que cette émission nous tenait à cœur : nous avons pu venir ensemble et raconter plusieurs expériences d’un même phénomène.
Rendez-vous jeudi 27 août
Ça commence aujourd’hui
📺 France 2
📅 Jeudi 27 août 2026
🕑 13 h 55
Nous avons maintenant hâte de découvrir le montage final.
Et si vous arrivez ici après avoir regardé l’émission parce que certaines histoires vous ont étrangement rappelé votre propre vie : bienvenue.
Vous êtes exactement la raison pour laquelle nous avons créé l’Association Prosopagnosie de Langue Française.
Nous voulons aider les personnes concernées à comprendre leurs difficultés, découvrir les stratégies développées par d’autres et surtout ne plus avoir honte de ne pas reconnaître quelqu’un.
Parce qu’on peut aussi apprendre à regarder avec tendresse, et parfois même avec une certaine fierté, toutes ces compensations que notre cerveau a inventées.
Et après l’émission, nous aurons besoin de vous
La reconnaissance de la prosopagnosie passe aussi par sa visibilité.
Lorsque des extraits de l’émission seront publiés sur YouTube, Facebook, Instagram ou TikTok, nous comptons donc sur les membres et les proches de l’association pour faire vivre la discussion.
Réagissez.
Partagez vos expériences.
Expliquez vos propres stratégies.
Parlez de l’APLF si vous le souhaitez.
Partagez notre site et notre test d’auto-évaluation.
Pas pour fabriquer du bruit pour les algorithmes, ils en ont déjà bien assez à manger.
Mais parce que derrière un écran, quelqu’un peut lire votre témoignage et se dire pour la première fois :
« Attends… moi aussi, je fais ça. »
C’est ainsi que nous pouvons atteindre les personnes prosopagnosiques qui s’ignorent encore, les aider à mieux comprendre leurs difficultés, à développer leurs propres stratégies et à rencontrer d’autres personnes qui vivent la même chose.
La bataille pour une meilleure reconnaissance de la prosopagnosie commence dans les médias.
Mais elle se poursuit avec toutes les personnes qui acceptent de raconter une autre manière de reconnaître les autres.
Nous ne reconnaissons pas moins. Nous reconnaissons autrement.




















0 commentaires