Je révise les trombinoscopes pour survivre socialement

Ma difficulté à reconnaître les visages m’a toujours posé de nombreux soucis. Quand j’étais plus jeune, j’étudiais le trombinoscope de mon école avant chaque interaction sociale. Et je continue à le faire dès que mon entreprise en met un à disposition. C’est devenu un réflexe : réviser avant de rencontrer, pour éviter de me tromper.

Malgré ça, j’ai déjà vexé des amis en ne les reconnaissant pas après une coupe de cheveux, ou simplement parce que je ne les avais pas vus depuis un moment. Et dès qu’une personne apparaît dans un contexte inhabituel (par exemple au supermarché au lieu du travail), je peux ne plus la reconnaître du tout. Comme si le décor faisait partie de son identité, et qu’en changeant de décor, tout se débranche.

Je travaille aujourd’hui en ressources humaines, et cette difficulté est franchement handicapante. Il me faut des semaines pour distinguer les visages de mon équipe immédiate, et je ne reconnais presque jamais ceux des personnes que je ne côtoie pas quotidiennement. J’ai dû développer des stratégies pour amener les gens à me rappeler qui ils sont, sans les mettre mal à l’aise, et sans me trahir non plus.

Avant ça, j’ai travaillé en restauration, et je confondais parfois mes collègues avec les clients. Là aussi, je faisais des efforts, je me concentrais, mais ça ne suffisait pas. Je peux fournir de réels efforts de concentration, et pourtant, la reconnaissance ne vient pas. Comme si la volonté n’y changeait rien.

Ils me reconnaissent, mais moi je ne les “imprime” pas

Parfois, on me reconnaît alors que moi, j’ai l’impression de voir la personne pour la première fois. C’est un décalage étrange, presque violent sur le moment : l’autre arrive avec un sourire, une...

À l’épicerie, j’ai compris que je confondais les visages

Je m’en suis vraiment rendu compte quand j’ai travaillé dans une épicerie. Là, il n’y a pas d’échappatoire : les clients défilent, reviennent, te saluent, te parlent comme si tout était évident… et...

Je reconnais un sac à main avant un visage

Au quotidien, il m’est déjà arrivé de vivre des incidents gênants simplement parce que je ne reconnaissais pas quelqu’un. J’ai l’impression que c’est surtout vrai avec les personnes que je ne...

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Je tenais la billetterie d’un loto à l’école. Un truc simple, joyeux, avec du bruit, des gens qui passent, des tickets, des sourires. Je suis dans mon rôle, concentrée, je salue, je fais comme il...

Je reconnais à la voix… et je dis bonjour à tout le monde

C’est souvent la voix qui me permet d’associer un nom à une personne, surtout quand je la rencontre hors de son cadre habituel. Le visage seul ne suffit pas. La voix, elle, déclenche quelque chose....

Le jour où Oliver Sacks a mis un nom sur mon trouble

Pendant longtemps, j’ai vécu avec la conviction que cette difficulté venait de moi. Je l’interprétais comme un défaut d’attention, un manque de concentration, une sorte de “paresse du regard”. Je...

J’ai compris en psycho que j’étais prosopagnosique

Pour moi, le déclic est arrivé pendant mes études de psychologie. En cours, en lisant, en recoupant les descriptions… j’ai fini par me rendre compte que ce que je vivais depuis longtemps avait un...

Prof au lycée : impossible de nommer les élèves

Ancien professeur en lycée, la prosopagnosie a été ma plus grande difficulté pédagogique. Pas la préparation des cours. Pas la correction des copies. Pas la gestion du programme. Non. Le vrai mur,...

On me croit lunatique, mais je ne reconnais pas les visages

La prosopagnosie… chez moi, ce n’est pas un “petit truc bizarre”. C’est une souffrance quotidienne. Au début, je n’avais aucun mot pour expliquer. Je vivais ça comme un trouble, un déficit...

Dans ma famille, on confond les visages de génération en génération

Dans ma famille, la prosopagnosie n’est pas arrivée comme une grande révélation. Elle a d’abord été… une blague. Mon père avait du mal à reconnaître les gens. Il associait souvent les personnes deux...