Ma prosopagnosie m’a obligé à user de stratagèmes épuisants lorsque je rencontre des gens : sourire à n’importe quel inconnu qui me fixe pour éviter de vexer, ne jamais demander le prénom ou la profession par peur de blesser, ne jamais présenter les personnes lors d’une discussion de groupe… Et, à l’occasion d’une séance de dédicace, devoir m’enfermer dans les toilettes pour visualiser tous mes “amis Facebook” afin de retrouver le prénom d’une personne que je connais pourtant depuis 15 ans.
Cela ne m’empêche pas de faire de grosses gaffes. Il m’arrive très souvent d’expliquer mon handicap à des personnes à qui j’ai déjà expliqué mon souci… la semaine précédente !
Ce n’est pas un hasard si je suis photographe. Je compense très certainement mon manque de mémoire en enregistrant, d’une certaine façon, une partie de ma vie.