Pendant des années, j’ai cru que c’était moi le problème.
Que j’étais distrait, négligent, un peu froid peut-être.
J’oubliais des visages… des gens que j’aimais. Que j’avais déjà vus. Que j’avais même parfois longuement côtoyés. Et pourtant, rien. Pas d’image nette qui revient. Juste un flou, un doute, un malaise.
Alors je faisais semblant. Je forçais le sourire. Je disais des banalités. J’écoutais, espérant qu’un détail m’aiderait à les replacer.
Et puis un jour, je suis tombé sur ce mot étrange : prosopagnosie.
Et là, tout s’est rééclairé.
Ce n’était pas un défaut de mémoire.
Pas un manque d’attention.
Pas de la froideur, ni de l’indifférence.
C’était juste mon cerveau qui fonctionne autrement.
Mon soulagement a été immense.
Je n’étais pas seul. Ce que je vivais avait un nom, une réalité neurologique, une explication.
Je pouvais enfin comprendre pourquoi les réunions me stressaient.
Et surtout, je pouvais arrêter de me blâmer.