Esplanade du Centre Pompidou : musiciens, bulles de savon, skateurs, touristes, files qui serpentent. Mon cœur fait du breakdance. C’est l’heure de mon date, quelque part entre le manège d’enfants et la grande chenille d’escaliers.
Je me planque derrière un poteau. Pas question de tourner en rond à scruter des visages un par un pendant qu’iel m’observe, perplexe. Alors j’utilise ma meilleure stratégie de ninja du samedi soir : le coup de fil.
Je compose. Et je guette. Qui bouge ? Qui cherche dans sa poche et sort son téléphone ?
Trouvé ! Je raccroche. J’ai retrouvé mon crush.
Bingo. J’avance, sourire franc, en rangeant mon portable comme si je l’avais aperçu pile au bon moment.
Parce que parfois, c’est plus simple de ruser que de vexer. D’éviter la cascade de justifications, les « euh… c’est toi ? » ou le grand moment de solitude où tu expliques :
« En vrai, je ne te reconnais pas. Jamais. À chaque rendez-vous, je te cherche. »
Je le dirai, oui — quand je me sentirai assez en confiance.
Plus tard, on se mettra d’accord : iel m’enverra une photo d’un indice visible (écharpe jaune, tote bag bleu, chapeau), ou un petit message vocal à l’arrivée. Pompidou restera bondé… mais nous, on se retrouvera du premier coup.