Pour moi, le déclic est arrivé pendant mes études de psychologie. En cours, en lisant, en recoupant les descriptions… j’ai fini par me rendre compte que ce que je vivais depuis longtemps avait un nom: la prosopagnosie. Jusque-là, je m’étais adaptée comme on s’adapte à une bizarrerie personnelle: je compensais, j’évitais certaines situations, je me demandais parfois si c’était moi qui étais “trop distraite”, “pas assez attentive”, ou juste “mauvaise avec les gens”.
Et surtout, avant de tomber sur votre travail, je n’avais même pas envisagé une chose toute simple: qu’on puisse demander une forme de reconnaissance. Demander que ce soit pris en compte. Demander que ce soit compris. Comme si ça n’avait pas le droit d’exister dans le monde réel, seulement dans les livres.
Voir ce travail, voir que quelqu’un met des mots, des ressources, et de la place pour ça, ça m’a fait quelque chose de très concret: ça m’a retiré un poids. Ça m’a donné le sentiment que ce n’était pas juste “mon problème”, mais une réalité partagée, légitime.