Soirée à la coloc. Guirlandes cheap, chips au paprika, playlist qui hésite entre disco et techno. La sonnette tinte : premier invité. J’ouvre, grand sourire d’hôte parfait. On papote météo, bière, où poser les manteaux. Il a l’air sympa, détendu, bonne énergie.
Au bout de cinq minutes, mon mode “organisation” reprend le lead. Je lance ma question de tri social :
— « Au fait… t’es le pote de qui ? »
Il me regarde droit dans les yeux, sans cligner :
— « Bah… le tien. Je suis ton coloc. »
Silence. Mon cerveau fait un double axel sans réception. Et là, je vois tout ce qui m’a piégé : pas de claquettes, pas le mug “#teamcafé”, pas le vieux hoodie… chemise boutonnée, cheveux coiffés — la version “soirée” d’un mec que je croise d’habitude en mode paresse matinale. Contexte changé, étiquettes envolées.
Je me marre, je pose une main sur son épaule :
— « Excellent. Eh bien… bienvenue chez toi. »
On rit, on trinque, et je lui promets un badge “COLOC” pour la prochaine fête.