La prosopagnosie est un trouble neurologique de la reconnaissance des visages, parfois appelé « cécité des visages ». Elle se manifeste par une difficulté à identifier les personnes à partir de leur visage, sans trouble de la vision, de la mémoire globale ou de l’intelligence. Présente dès l’enfance (prosopagnosie développementale) ou acquise après une lésion cérébrale (prosopagnosie acquise), elle reste encore largement méconnue. Souvent confondue avec un manque d’attention ou avec la maladie d’Alzheimer, la prosopagnosie repose pourtant sur un fonctionnement cognitif spécifique, compensé au quotidien par des stratégies alternatives de reconnaissance.
Les origines de la prosopagnosie
La prosopagnosie est un trouble de la reconnaissance des visages.
Elle correspond à un fonctionnement neurologique atypique de la reconnaissance faciale.
Selon sa cause, elle peut être développementale ou acquise, mais seule la forme acquise peut être liée à une pathologie neurologique sous-jacente.
Il ne faut pas la confondre la prosopagnosie avec Alzheimer. En effet, Alzheimer peut causer de la prosopagnosie mais l’inverse n’est pas vrai.
Par ailleurs la prosopagnosie est une cousine de la prosopamnésie. Alors que la prosopagnosie est un problème de reconnaissance (percevoir qui est qui), la prosopamnésie est quant à elle un problème de mémorisation (apprendre de nouveaux visages).
Dans tous les cas, les personnes concernées développent des stratégies de compensation pour identifier les autres sans passer par le visage.
Un trouble, pas une maladie
En neurologie, la prosopagnosie est classée parmi les troubles spécifiques de la reconnaissance visuelle.
Elle n’est pas une maladie autonome, ni un trouble mental.
La prosopagnosie développementale est présente dès l’enfance.
Elle n’est pas causée par une lésion cérébrale et s’inscrit dans la diversité des fonctionnements cognitifs.
La prosopagnosie acquise, en revanche, peut apparaître après un AVC, un traumatisme ou une autre atteinte neurologique.
Dans ce cas, la maladie concerne la cause, pas la prosopagnosie elle-même, qui en est un symptôme.

Prosopagnosie et compensation au quotidien
Ne pas reconnaître un visage ne signifie pas ne pas reconnaître une personne.
Les personnes atteintes de prosopagnosie développent des stratégies de compensation efficaces pour identifier les autres autrement.
Reconnaître une personne ne repose pas uniquement sur le visage.
Chez les personnes prosopagnosiques, le cerveau apprend à utiliser d’autres indices.
Repères utilisés pour reconnaître les personnes
Les repères les plus couramment mobilisés sont :
- la voix et les habitudes de langage
- la silhouette, la posture ou la démarche
- les détails distinctifs comme les lunettes ou la coiffure
- le contexte social ou professionnel
Est-ce que cette stratégique fonctionne pour tous les prosopagnosiques ?
- Pour les personnes atteintes de prosopagnosie développementale les stratégies sont intégrées très tôt. Elles deviennent automatiques et peu coûteuses cognitivement à force d’entrainement.
- Pour les personnes atteintes de prosopagnosie acquise les stratégies doivent être apprises après la perte de la reconnaissance faciale. Elles demandent plus d’effort et peuvent entraîner une fatigue cognitive.
Un trouble encore mal compris
La prosopagnosie reste peu connue du grand public.
Des personnalités comme Brad Pitt ont contribué à la rendre visible, en décrivant leurs difficultés à reconnaître les visages. L’acteur avait alors indiqué :
C’est un mystère pour moi. Je ne peux pas retenir un visage. Tellement de gens me détestent parce qu’ils pensent que je leur manque de respect
L’humoriste Elodie Poux a récemment indiqué en être atteinte également.
Je sais dans la vie de tous les jours, surtout dans des événements où on est tous réunis, que je blesse beaucoup de personnes. Qui soit n’y croient pas, soit se disent : Mais moi quand même’, comme si ça avait une importance. Mais j’espère qu’ils me croient et qu’ils savent que ce n’est pas exprès
Elle précise cependant avoir été « soulagée » à l’annonce du diagnostic.
Un test de detection de la prosopagnosie neuropsychologique permet aujourd’hui d’objectiver ce trouble, mais beaucoup de personnes vivent longtemps sans diagnostic formel.




















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